Retraites : FO appelle le gouvernement à stopper le processus

La confédération FO a pris connaissance de l’étude d’impact ainsi que de l’avis du Conseil d’Etat sur les deux projets de loi relatifs au projet de système universel de retraites par points.

L’avis du Conseil d’Etat porte une critique sévère sur les aspects essentiels sur lesquels FO n’a eu de cesse d’alerter.

En premier lieu, il se confirme que le projet de réforme systémique sera bel et bien une réforme paramétrique permanente de l’ensemble des retraites sur laquelle les gouvernements pourront agir.

Le Conseil d’Etat confirme ainsi la mise en garde de FO quant au caractère incertain de la retraite demain, si le système universel voyait le jour : « le choix d’une détermination annuelle de chacun des paramètres du système, y compris ceux applicables à une génération entière, aura pour conséquence de limiter la visibilité des assurés proches de la retraite sur les règles qui leur seront applicables ».

Qui plus est, au-delà du débat sur l’âge pivot temporaire (renvoyé à ladite Conférence des financeurs) tant les projets de loi que l’étude d’impact et l’analyse du Conseil d’Etat confirment que l’âge d’équilibre sera la clé de voute du système universel. Alors que depuis des mois, cet âge d’équilibre était annoncé à 64 ans, il serait de 65 ans dès l’entrée en vigueur du futur système (génération 1975) et continuerait de croître.

En fait de système plus juste et plus simple, le Conseil d’Etat met à bas le slogan du « chaque euro cotisé donnera les mêmes droits » pointant la complexité et la diversité des règles de cotisation ou d’ouverture des droits définies par le projet de loi.

Le Conseil d’Etat confirme aussi les analyses de FO qui a dénoncé à plusieurs reprises les éléments de langage du gouvernement consistant à mettre au compte de son projet des éléments de solidarité qui ont été mis en œuvre dans la cadre du système de retraite actuel : « le gouvernement reprend, en les adaptant, les principaux mécanismes existants de bonification notamment pour motifs familiaux, les avantages afférents, qui prennent aujourd’hui la forme de majoration de pensions ou de durée d’assurance ».

Cette situation conforte un peu plus encore la position de FO.

FO appelle le gouvernement à stopper le processus et à revenir à la table de négociation au point de départ, sans préalable. Le projet de système universel par point doit être abandonné. FO est prête et a fait connaître ses propositions et revendications sur les questions clés pour les retraites demain, dans le cadre du système actuel : emploi, chômage, précarité et bas salaires, salaires et cotisations sociales, égalité femme-homme, pénibilité…

La CFDT conseillée par deux économistes proches de Macron… sur la conférence de financement voulu par Berger sur la réforme des retraites…

ACTUALITÉS – “Laurent Berger est condamné à obtenir un accord lors de la conférence de financement, sinon il va perdre la face”, ironisait Pierre Roger le 12 janvier, persuadé qu’aucun accord ne sera trouvé à la fin de cette rencontre à la fin du mois.

Alors, pour tenter de se préparer à cette bataille, le numéro un de la CFDT a décidé d’organiser des consultations avec des experts.

“On est en train de réunir, y compris des experts, pour travailler sur des propositions extrêmement précises”, a-t-il déclaré sur Franceinfo. Des spécialistes du travail, des intellectuels, mais aussi des économistes. Parmi ces derniers, dévoile Le Monde ce 20 janvier, Jean Pisani-Ferry et Philippe Aghion, proches d’Emmanuel Macron qui l’ont notamment inspiré pour la réforme des retraites. 

Jean Pisani-Ferry était le directeur du programme du candidat d’En marche! en 2017. Il a expliqué au Monde son point de vue sur la réforme: “Les Français n’ont toujours pas compris comment on équilibre un système de retraite par points, et donc quelles seront les règles qui détermineront le montant de leur pension. C’est pourtant essentiel pour créer de la confiance au sein de la population”. Ce avant d’ajouter: “J’ai des contacts anciens et réguliers avec la CFDT, sur beaucoup de sujets. Le fait qu’une organisation comme celle-ci prenne en compte les réflexions d’économistes indépendants me paraît être une très bonne chose”. 

De son côté, Philippe Aghion, professeur au Collège de France qui avait soutenu Emmanuel Macron en 2017 est optimiste sur la conférence à venir: “Il est tout à fait possible de trouver des solutions pour garantir l’équilibre du régime sans recourir à l’âge pivot et ainsi permettre à tous les acteurs en présence de sauver la face.

Ces deux économistes ont, parmi d’autres, critiqué le “manque de clarté” de la réforme des retraites et lancé plusieurs avertissements

Toutefois, Laurent Berger a tenu à tempérer cette information du Monde, précisant que les deux économistes n’avaient pas conseillé la CFDT, mais que cette dernière les avait simplement “rencontrés” au même titre que d’autres intellectuels.

Chacun s’en fera son opinion!!

 

 

Un 24 massif pour le retrait

Le Président de la République a donné son feu vert à l’examen en Conseil  des ministres du projet de loi sur les retraites le 24 janvier 2020. 

Ce projet renvoie à de nombreuses ordonnances et décrets qui  définiront   ultérieurement  et  sans  débat  les  dispositions  structurantes  du  régime   prétendu universel  qui  impliqueraient  des  conséquences  désastreuses   pour  toute  la  population.  

Nous sommes donc face à un projet qui est toujours totalement flou mais  dont l’analyse des grandes lignes,  y  compris  par  des  experts  indépendants,   montre  qu’à  l’opposé  de  la  communication gouvernementale sur une  réforme de justice sociale, son objectif est de nous faire travailler  plus longtemps et de baisser les pensions. 

La population n’est pas dupe et continue à être opposée à cette réforme  et à soutenir majoritairement la mobilisation contre ce projet absurde et injuste. 

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STOP AUX MANIPULATIONS ! STOP AUX JEUX DE DUPES ! STOP À LA CONTRE RÉFORME DE LA RETRAITE PAR POINTS !

Le gouvernement a beau chercher à rassurer par tous les moyens y compris par les mensonges, les « éléments de langage », les manipulations de chiffres, les pseudo-retraits et la complicité de certains syndicats, …rien n’y fait !

FO avec les fonctionnaires, les agents publics et les salariés du privé refuse en bloc la contre-réforme de la retraite par points imposée par le gouvernement Philippe/Macron.

La Fédération des Personnels des Services Publics et des Services de Santé Force Ouvrière dit :

• Stop aux manipulations relayées par une partie de la presse sur les chiffres et simulations de pension des futurs retraités. Incapable de garantir le niveau des pensions du « nouveau système », LIRE LA SUITE!

Décret sur la rupture conventionnelle : un dispositif permettant pressions hiérarchiques et licenciements déguisés

Le décret n° 2019-1593 du 31 décembre 2019 relatif à la procédure de rupture conventionnelle dans la fonction publique est paru au journal officiel le 1er janvier 2020. Le gouvernement, comme à son habitude, n’a pas tenu compte du vote des organisations syndicales au regard de ce texte.
Pour mémoire, au conseil commun de la fonction publique du 22 novembre 2019 :
Contre : CGT – FO – FSU – Solidaires – FAFP
Abstentions : CGC – UNSA – CFDT – CFTC
Ce dispositif intervient dans un contexte où les conditions d’exercice des agents publics ont été largement dégradées ces dernières années. En effet, une avalanche de réformes, de restructurations et de suppressions d’emplois combattues par les personnels ont été imposées dans la fonction publique.
Cette politique induit des pressions hiérarchiques toujours plus fortes qui déstabilisent les fonctionnaires et engendrent la souffrance au travail qui conduit parfois jusqu’au suicide !
On est très loin d’une situation dans laquelle les agents publics et leur autorité hiérarchique seraient sur un pied d’égalité pour discuter d’une rupture conventionnelle !
Pourtant, dans le dispositif fixé par le décret, aucun garde-fou réglementaire n’est prévu pour éviter les pressions et les déstabilisations pour pousser les fonctionnaires à quitter la fonction publique.
Il s’agit donc d’un coin enfoncé dans les garanties statutaires qui protègent les fonctionnaires. Il est temps d’arrêter le rouleau compresseur contre les droits des fonctionnaires !
Cela suppose déjà d’obtenir le retrait du projet de retraite universel par points par l’amplification des assemblées générales décidant la grève !

OBJECTIF : FORCER LE GOUVERNEMENT A BATTRE EN RETRAITE !!!

Mes cher(e)s camarades,

La Fédération FO-SPS constate qu’au-delà même de l’idéologie portée par le gouvernement, l’objectif clairement défini est la destruction des 42 régimes de retraite. Cette volonté s’apparente à nier les différences, de métiers, de statuts et de modalités de calcul afin de faire baisser in fine le montant des pensions de retraite pour tous.

Sous couvert de l’arbitrage du parlement, le gouvernement veut s’approprier la valeur du point, afin d’en faire la variable d’ajustement budgétaire en rapport au fameux seuil de 14% du PIB (Produit Intérieur Brut). Son but est d’affaiblir le montant des retraites par répartition afin de pousser les nouvelles générations à se constituer individuellement (pour ceux qui le pourront) une retraite par capitalisation auprès d’organismes financiers.

La Fédération FO-SPS condamne la stratégie mensongère du gouvernement, s’attachant à vouloir opposer les Agents de la Fonction Publique et les salariés du Privé, sous couvert de régimes dits spéciaux ou de soi-disant avantages…

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Retraites : maintenir et amplifier la mobilisation dès la rentrée et vers le 9 janvier

La confédération FO constate que le Président de la République a confirmé sa volonté de mettre en œuvre le projet du gouvernement d’un « système universel de retraites par points ».

FO s’étonne que les mêmes « éléments de langages » – ou arguments marketing – (justice, progrès social, universalité, équité, …) soient répétés sans relâche, depuis plus de deux ans maintenant, sans qu’ils ne soient démontrés concrètement ni qu’ils aient convaincus.

FO réaffirme que le projet du gouvernement conduit à un régime unique par points sous tutelle de l’Etat. Demain, les gouvernements auraient entre les mains tous les leviers leur permettant d’agir sur le niveau des pensions et l’âge de départ à la retraite.

FO constate que le Président a confirmé l’instauration d’un âge du taux plein à 64 ans. Outre les valeurs du point, ce sont autant de paramètres supplémentaires sur lesquels les gouvernements pourront agir (borne de l’âge du taux plein, taux du malus, taux du bonus) pour contraindre à de nouveaux reculs de l’âge de départ effectif au risque sinon de voir sa pension baisser.

FO rappelle que le gouvernement avait déjà décidé de désindexer les pensions du régime général de l’inflation pour l’année 2019 et a limité pour 2020, le rétablissement de l’indexation aux pensions inférieures à 2000 € brut.

Quant au système unique par points, FO dénonce les faux arguments mis en avant par le gouvernement. En rien ce système ne favorisera les salariés confrontés aux carrières hachées ou les femmes.

Au contraire, dans la mesure où les pensions ne seront plus calculées sur les meilleures années, il sera plus difficile pour ceux, et plus souvent celles, qui sont justement confrontés aux contrats précaires, à temps partiel subi, aux bas salaires de se constituer un « capital » de points assurant une retraite décente. L’annulation de la décote à 64 ans, présentée comme la contrepartie à l’âge du taux plein, sera un leurre pour beaucoup si le capital de points ne conduit pas à une pension suffisante à 64 ans.

Quant à la situation des femmes aujourd’hui, il est faux de dire que le système de retraite actuel les pénalise. Si, en effet, leurs pensions sont en moyenne inférieures à celles des hommes, cela ne provient pas du système de retraite qui conduit à un niveau de pension calculé selon les mêmes critères que l’on soit femme ou homme. Cela est le produit des inégalités de salaires et de carrières plus heurtées et aux plus faibles salaires que subissent plus souvent les femmes. C’est cela qu’il faut corriger et FO ne peut que déplorer que le gouvernement ait, à nouveau, décidé de ne pas revaloriser le SMIC au-delà du niveau réglementaire, auquel sont plus souvent confinées les femmes, notamment dans les métiers de services à la personne.

Dans ce contexte, FO réaffirme sa détermination et appelle l’ensemble des salariés à maintenir et amplifier la mobilisation dès la rentrée, nul n’étant épargné.

Tel est le sens de l’appel le 9 janvier à une nouvelle journée de rassemblement de l’ensemble des salariés, femmes, hommes, jeunes, moins jeunes, de tous corps de métiers, public et privé, dans le cadre de la grève lancée depuis le 5 décembre.

Yves VEYRIER

Secrétaire général FO